26 juin 2020

Le milieu du sport montréalais préoccupé, mais confiant !

Au cours du mois de juin, l’équipe de Sport et Loisir de l’île de Montréal (SLIM) s’est entretenue avec plus d’une dizaine d'associations sportives régionales. Ces rencontres virtuelles avaient pour objectif d’offrir l’occasion aux participants d’échanger sur l’état de la situation en temps de pandémie et sur les enjeux auxquels tous font face.

Les séances de discussions, animées par SLIM, ont été organisées de manière à rassembler les différents intervenants selon le type d’activité (sports extérieurs ou intérieurs individuels ou en équipe, en piscine ou en aréna et les sports de combat). Les principales préoccupations de ceux-ci concernaient leurs organisations, les athlètes, les entraineurs, les parents, le soutien souhaité, les bons coups réalisés, les actions mises en place et la projection dans le temps.

Motivation et participation des athlètes
Les multiples participants ont évoqué plusieurs éléments de déception qui leur ont été rapporté par les plus jeunes athlètes, notamment l’annonce de l’annulation des Jeux de Montréal : pour plusieurs, l’occasion d’y participer ne se présente que quelques fois dans une jeune carrière. Le report de 12 mois des deux prochaines éditions des Jeux du Québec d’été et d’hiver a également déçu et marqué plusieurs athlètes, particulièrement ceux âgés de 17 ans ne pourront plus y participer dans un an. Soulignons les efforts et les démarches de plusieurs clubs et intervenants qui ont préservé et entretenu un contact constant avec leurs athlètes à l’aide de plusieurs outils numériques comme les réseaux sociaux, des rencontres virtuelles et certaines applications mobiles. Des capsules vidéo promotionnelles mettant en vedette les athlètes ont même été produites !

Plusieurs organisations entretiennent toutefois des craintes et des inquiétudes par rapport à la rétention des athlètes (non-renouvellement, démotivation, abandon, réticence à la réinscription ou désengagement parental complet) et à leur capacité à recruter de nouveaux pratiquants, principalement si ce recrutement est lié à une présence de la discipline sportive dans une activité parascolaire ou via le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). Une majorité d’intervenants estiment que les activités de compétition et le contact avec des amis sont les incitatifs majeurs dans la motivation des jeunes athlètes à s’affilier. Plusieurs organisations n’ont pas élaboré un plan de recrutement et de rétention, mais l’envisagent afin de limiter les impacts sur leur organisation. Finalement, plusieurs ont mentionné qu’il serait préférable que des efforts concertés soient déployés pour rétablir le lien de confiance avec les jeunes athlètes et leurs parents.

La situation financière des organisations sportives
Si pour certaines disciplines sportives le « timing de la pandémie » aura eu peu d’impact sur leur saison (correspond presque à une fin de saison normale), les répercussions sont toutefois majeures pour la majorité. De nombreux participants ont souligné la situation financière actuelle difficile en raison des remboursements d’inscriptions, des baisses d’inscriptions, d’un report indéterminé d’un début de saison (sports de combat), d’annulations de tournois et d’activités de levée de fonds, de camps d’été, de pertes de partenariats, de fournisseurs à payer et de loyers à assumer. Faute de fonds de réserve ou en raison d’une réserve épuisée, plusieurs organismes, malgré la relance de leur sport, craignent malheureusement ne pas être en mesure de rémunérer et retenir leurs entraîneurs. D’autres anticipent une hausse des frais d’accès aux installations sportives et/ou des frais à assumer par moins d’athlètes. Dans la plupart des cas, un impact sur les frais d’inscription est inévitable. Le souhait d’un soutien financier du gouvernement du Québec a été mentionné à maintes reprises par les participants, tout en considérant que la situation socio-économique difficile de certains milieux pourrait être un obstacle trop imposant pour de nombreux jeunes et leurs familles, défavorisant ainsi une réinscription dans un club sportif.

L’accès aux installations sportives
L’enjeu de l’accès aux installations et insfrastructures a également été soulevé à plusieurs reprises lors des rencontres. Le manque de clarté sur les rôles de la santé publique provinciale, de la santé publique régionale, de la Ville de Montréal, des arrondissements/villes liées et des fédérations dans les diverses étapes de déconfinement, notamment au niveau de la réouverture des divers plateaux sportifs, était un sujet récurrent.

Remerciements et ressources
L’équipe des sports de SLIM remercie les vingt-neuf représentants de disciplines sportives qui ont participé aux échanges et accepté de partager leurs doutes et leurs inquiétudes face à cette crise sans précédent. L’équipe se réjouit aussi de l’appréciation, par plusieurs participants, de l’Espace solidaire, une initiative de SLIM invitant notamment les intervenants en sport et en loisir à poser directement leurs questions à la direction régionale de santé publique et via laquelle il est possible de retrouver tous les guides et outils produits par celle-ci, les fédérations sportives, le réseau des URLS et plusieurs autres intervenants régionaux et provinciaux.

Cet état de situation sommaire est, pour SLIM, une première étape cruciale pour préparer la suite, soit d'accompagner les intervenants sportifs montréalais dans la relance de leurs activités.

Posez votre question ici